Bien sûr, étant donné ma position de fils de libraire indépendant, on prônera facilement, et peut être justement, l'influence du milieu social dans mes propos. Néanmoins, plus qu'à travers l'exemple paternel, le développement de not' ptite société capitaliste est tout simplement en train de supprimer un contact client-vendeur. Je m'en explique.
"Matage" d'un film il y a quelques mois, un film de vieux comme dirait mon frère, dont j'avoue ne plus me rappeler le nom; il mettait en avant, dans une scène, quasi quelconque la fermeture d'une épicerie dans le village, à cause de l'apparition d'une grande surface. Tarfis moins chers évidemment, étant donné la commande en masse, dans le supermarché et ainsi s'en suit une concurence déloyale. On n'oublie en effet de parler, de compter l'aspect relationnel chez l'épicier. Une fois de plus donc, le grand avalera sans peine le petit.
Finis les conseils de vot' bon vieux Michel sur le meilleur beurre à prendre pour le collesthérol de mamie, finies les discussions privées sur les divorces dans le village, les mariages ou autres sorties nocturnes du fils du boulanger chez la fille du maire la veille, désormais la société préfère vous offrir une caisse; le choix reste présent, il est vrai : caisse 1, caisse 2, même caisse 14, voire parfois pour les mieux lotis caisse moins de 10 articles, ou caisse femmes enceintes. Une caissière qui donne, à sa décharge, rarement l'air de vouloir faire une pub pour la joie de vivre et qui ne pourra vous donner le moindre conseil sur les produits à achetés, pour la simple et bonne raison qu'en plus de n'en avoir rien à cirer, elle n'y connait rien et perd du temps (risque de manque de productivité!). Résultat de la journée : une économie de 7euros 5O cent, somme reluisante en vue de la baisse du pouvoir d'achat. Je n'insisterai pas sur le bénéfice de votre centre commercial lors de la journée, ni même sur la provenance de ces super jean achetés à 5euros. On en vient à obliger les pauvres des pays riches à exploiter indirectemment mais réellement les pauvres des pays pauvres. Un prolétariat de masse, de plus en plus grand et qui ne rêve que d'une chose : s'en sortir pour devenir à son tour le prochain despote d'un nouvel indigent.
Pour en revenir à une situation plus proche de chez nous, de not' chère ptite province exilée entre les villages de vaches et les anciennes industries de fer, pour également parler plus précisément des raisons qui m'ont poussé à écrire cet article, je prendrai l'exemple de Mr FIDELIO. Du moins tel sera son nom durant la durée de cet article, étant donné mon incompétence à connaître son véritale patronyme.
Mr FIDELIO est donc, comme vous devez le savoir, le vendeur de cds et d'autres instruments de musique, situé place du marché. Du moins voilà où se trouve son magasin. Je me suis toujours demandé depuis l'ouverture du Centre Culturel du Centre Commercial E.Leclerc pour ne pas le citer, comment ce vendeur pouvait s'en sortir. La concurence est absolument gigantesque pour cet homme et il se retrouve ainsi avec une perte de chiffre d'affaire évidente, bien que je ne puisse en estimer l'ampleur par moi-même.
Cependant, désirant me mettre à la "gratte" comme on dit si bien, je suis allé chez cet homme pour qu'il me conseille et m'informe sur les différentes sortes de guitares, de méthodes d'apprentissage, etc. J'en suis tout simplement ressorti bluffé. J'ai compris comment cet homme, malgré une baisse de profit, pouvait continuer son métier. Nous avons dans notre chere ville un véritable passionné de musique.
L'intégral des 33 tours de Johny, de Claude François et sûrement d'autres encore.
Une moitié (l'autre étant détennue par son frère) de toute la discographie des BEATTLES, de PINK FLOYD.
Le buste de Claude François, qu'il est un des seuls à détenir.
Une série de posters epoustoufflante dédicacés par tous les plus grands.
Et surtout, cette magie avec laquelle il en parlait; ses concerts; les différentes guitares qu'il propose à la vente, et ces annecdotes sur la même marque qu'il possédait lui pendant les années 70-80; ses soirées au coin du feu, à taguer sa gratte de "peace and love"^^
Voilà, cet homme m'a permis de ressortir de ce magasin avec le coeur gros, une envie de vivre plein d'experiences, un apprentissage réel du passé, et l'envie grandissante de faire de la musique pour moi, pour mes amis. Il m'a rappelé ce sourire magnifique que fait la caissière à la sortie du magasin, égal à celui des miss France, forcé et malheureusement plein d'envie de tout arrêter.
Ainsi, jne donnerai que quelques conseils : acheter vos cds chez des gens proches et pas forcément des dans des grands centres commerciaux. Interessez vous à eux, n'hésitez pas à engager une conversation. Ces quelques moments sympathiques, se dire que l'on soutient moins directement l'exploitation des mineurs dans les pays en voie de développement, s'assurer que nos sous vont dans de bonnes mains, des mains qui en ont souvent autant besoin que nous, tout cela vaut bien des centaines d'euros de plus. Alors 3, 4, 5 ... Laissez les grandes surfaces à leur place; allez y acheter pendants les gros volumes^^